Consultations prébudgétaires : Les pharmaciens pressent le gouvernement d’investir dans le réseau des pharmacies pour éviter un recul des services

À l’occasion du dépôt de son mémoire dans le cadre des consultations prébudgétaires, l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) a rappelé au gouvernement l’importance d’investir dès maintenant dans le réseau des pharmacies communautaires afin d’éviter de compromettre les avancées réalisées au bénéfice des patients au cours des dernières années et d’assurer la réussite du prochain élargissement de pratique de la profession.
Malgré leur volonté de contribuer à l’accès à la première ligne, les pharmaciens communautaires vivent une période particulièrement exigeante, marquée par un manque structurel de main-d’œuvre, une évolution rapide de la pratique et des attentes grandissantes des patients en matière d’accès aux soins. L’ensemble de ces facteurs, qui pèsent particulièrement lourd sur certaines pharmacies évoluant dans un contexte économique précaire, menacent la stabilité du réseau et l’accès aux services pour les patients.

 « Le gouvernement doit reconnaître que les pharmacies naviguent présentement dans l’incertitude, sans savoir quels moyens seront accordés à l’issue des négociations en cours. Si les décideurs souhaitent réellement renforcer l’accès à la première ligne et en constater les effets en vue de la prochaine saison grippale, il est impératif d’en arriver à une entente avant le début de l’été. Sans cela, il sera impossible de se préparer efficacement, d’autant plus qu’une fois l’entente conclue, les changements ne se mettront pas en place du jour au lendemain », dénonce Benoit Morin, président de l’AQPP.

Un cadre prévisible nécessaire pour planifier les services

Avec un troisième élargissement de la pratique en quinze ans, les pharmaciens propriétaires ont besoin d’un cadre prévisible pour intégrer durablement ces changements dans leur réalité clinique. Pour plusieurs, cela implique d’investir dans de nouveaux équipements, d’adapter les chaînes de travail et d’aménager des salles de consultation afin de répondre adéquatement aux nouvelles responsabilités.
Sans un signal clair dans le budget du gouvernement et sans une entente rapidement conclue avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, les pharmacies ne disposeront pas des ressources nécessaires pour planifier leurs services, ajuster leur organisation du travail et se préparer aux changements importants associés à l’élargissement de leur champ de pratique prévu par le projet de loi 67.
 
Plusieurs recommandations ont été proposées afin de soutenir le réseau des quelque 1900 pharmacies au Québec :

  • Prévoir des leviers structurants pour renforcer la main-d’œuvre en pharmacie, notamment en investissant dans la formation pour permettre l’accueil de plus d’étudiants dans les facultés de pharmacie.
  • Conclure rapidement avec l’AQPP une entente assurant une rémunération adéquate des activités du pharmacien, dont celles prévues au PL 67, et financer l’adaptation opérationnelle requise (acquisition d’équipements, solutions technologiques et automatisation).
  • Renforcer l’encadrement des pratiques commerciales interdites liées à la distribution des médicaments de spécialité qui nuisent à l’accessibilité des médicaments pour l’ensemble des pharmacies du Québec et freinent la capacité des pharmacies de prendre en charge efficacement leurs patients et de répondre à leurs besoins évolutifs.  

Le réseau a démontré son potentiel, mais l’investissement se fait toujours attendre

Les données sont éloquentes : les activités cliniques en pharmacie ont connu une croissance importante, la charge de travail s’est accrue bien au-delà de l’augmentation des effectifs et des milliers d’interventions réalisées chaque jour en pharmacie permettent d’éviter des consultations médicales et des visites à l’urgence.
L’AQPP enjoint au gouvernement d’aligner ses choix budgétaires avec la réalité du terrain : « Sans les conditions nécessaires, notre capacité d’action est fortement mise à l’épreuve et notre marge de manœuvre s’amenuise. Notre réseau de pharmacies possède l’expertise clinique requise et la proximité avec la population pour produire des résultats concrets au bénéfice des patients, à condition que les outils financiers et réglementaires soient à la hauteur des responsabilités qui nous sont confiées », conclut M. Morin.  
Alors que s’amorce en mars le Mois de la reconnaissance de la pharmacie, l’AQPP réitère que la meilleure forme de reconnaissance demeure la mise en place de moyens permettant aux pharmaciens d’investir dans les services aux patients.



À propos de l’AQPP     
L’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, constituée en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels, est la seule association qui représente les pharmaciens propriétaires du Québec auprès des organismes officiels et du gouvernement. Elle regroupe les 2 100 pharmaciens propriétaires des 1 900 pharmacies du Québec, qu’ils soient affiliés ou non à une chaîne ou à une bannière commerciale. Employant près de 49 000 personnes partout dans la province, la pharmacie communautaire constitue l’un des plus importants employeurs privés du Québec. Plus d’un million de consultations sont effectuées en pharmacie chaque semaine, ce qui fait du pharmacien l’un des professionnels de la santé les plus disponibles et appréciés au Québec.     

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